Qu’est-ce que le bondage ? — Guide complet

Écrit Par: Sofia Arlo | 2 janvier 2026
woman standing in a japanese shibari studio with bondage rope tied around her body

Table des Matières

Qu’est-ce que le bondage ? 

Le bondage est le « B » de BDSM, ce qui signifie qu’il s’inscrit dans l’univers plus large du BDSM. En termes simples, le bondage est une entrave consentie — à l’aide de corde, sangles, menottes/bracelets ou ruban — pour limiter volontairement les mouvements de quelqu’un. Le bondage léger peut être une excellente façon d’explorer le BDSM, car il n’implique pas forcément la domination et la soumission, et peut aussi se pratiquer uniquement pour l’aspect artistique.

Le bondage peut prendre différentes formes selon l’usage et les sensations recherchées. Il peut être physique, lorsque l’objectif est d’immobiliser quelqu’un, ou symbolique, lorsque la contrainte est plus légère et vise surtout à créer une impression de contrôle sans bloquer totalement les mouvements. 

Dans le bondage de corde, les rôles sont souvent désignés par des termes précis. Le/la rigger est la personne qui attache ou met en place l’entrave, tandis que le/la rope bottom (ou simplement le/la bottom) est la personne attachée.

Bondage de corde vs. shibari vs. kinbaku 

Dans les milieux kink du quotidien, on emploie souvent les mots shibari et kinbaku de façon légèrement différente ; il est donc normal qu’il y ait un chevauchement. Une façon simple de voir les choses : le bondage de corde est la catégorie générale, tandis que le shibari et le kinbaku sont des traditions ou des styles particuliers au sein du travail de corde.

Le shibari décrit souvent une esthétique de corde d’inspiration japonaise : motifs, lignes, symétrie et « art des cordes » visuel. Il met fréquemment l’accent sur la présentation — l’apparence de la corde et la manière dont elle se place sur le corps — alors que le bondage de corde plus général peut être davantage fonctionnel et centré sur la contrainte. Le kinbaku, lui, est souvent associé à une approche plus intime et érotique de la corde.

Dans la pratique moderne, beaucoup de personnes mélangent les approches plutôt que de s’en tenir à une définition stricte. On peut avoir une corde esthétique qui immobilise, ou au contraire une corde minimale avec un focus sur les sensations, selon le style et l’intention.

Pourquoi les gens aiment le bondage

Les gens apprécient le bondage pour de nombreuses raisons, et pour beaucoup, tout commence par la sensation d’être maintenu·e ou contenu·e. L’entrave peut être rassurante, comme une étreinte ferme qui apaise le cerveau et le corps, tout en offrant du confort grâce à la structure qu’apporte le bondage : des règles claires, des rôles clairs et des limites claires, qui peuvent sembler émotionnellement sûres et, paradoxalement, libératrices. Ce sentiment de sécurité est souvent directement lié à la confiance, car être attaché·e exige une communication exemplaire et peut renforcer le lien avec un·e partenaire.

Pour d’autres, l’attrait réside dans le lâcher-prise, parfois sans « soumission » : renoncer au mouvement peut être agréable même sans dynamique D/s. Parfois, il y a « soumission », et la domination est intensifiée par la sensation d’être immobilisé·e et incapable de bouger. Cette perte de contrôle facile peut aussi nourrir l’impuissance érotique : l’excitation de ne pas pouvoir changer de position aisément ou reprendre la main.

Le bondage peut aussi amplifier l’expérience sensorielle du corps grâce à la corde elle-même. Une corde de shibari typique peut être délicieuse sur la peau. Sa texture, sa chaleur et une friction douce ajoutent une couche constante et ancrante de sensations. Les matériaux modifient aussi l’expérience : le coton est souvent plus doux, tandis que le jute/le chanvre peuvent paraître plus texturés et « vivants » sur la peau. Les cordes en fibres naturelles ont souvent une odeur chaude et terreuse ; le jute et le chanvre peuvent sentir subtilement le bois ou le foin, et cette odeur « réelle » peut rendre l’expérience plus primitive et immersive. 

Image d’une corde de bondage en fibre naturelle

Avec moins de possibilités de bouger, le toucher, la respiration, la température et le son peuvent sembler plus intenses, et la combinaison de pression, d’immobilité et d’adrénaline peut déclencher des endorphines et des changements chimiques qui créent un « buzz » naturel ou une relaxation flottante. Pour certaines personnes, cela devient une forme de pleine conscience ou de « transe de corde », où le nouage répétitif, une respiration régulière et l’immobilité ont un côté méditatif pour les deux partenaires. 

Il existe aussi une dimension créative et intentionnelle très forte. L’esthétique et l’art — motifs de corde, harnais et accessoires — peuvent être magnifiques, comme un design portable sur le corps. Le bondage peut également être une partie essentielle du jeu de rôle : par exemple des thèmes comme la capture, la punition, les « taquineries mains libres » ou l’interrogatoire de prisonnier.

Enfin, le plaisir peut venir de la compétence et du soin en eux-mêmes, surtout pour les riggers. Pour eux, la satisfaction ne provient pas seulement du résultat final, mais aussi de la technique acquise, de l’attention portée et du processus visant à créer une bonne expérience pour leur partenaire. 

Types de Bondage

Le bondage peut prendre de nombreuses formes ! Voici les plus courantes : 

Le bondage doux privilégie le confort et la sensation de la corde sur la peau : des enroulements bien ajustés et une immobilisation légère pour créer une sensation douillette d’être « maintenu·e ». 

Le bondage strict, au contraire, vise une immobilisation plus forte : l’entrave est l’objectif principal, plutôt que la simple sensation de la corde.

Certains styles de corde sont surtout esthétiques. Les harnais décoratifs en corde sont des « tenues » pour la poitrine, la taille ou les hanches, conçues principalement pour l’effet visuel et l’aspect artistique. Même s’ils peuvent donner une sensation enveloppante, ils ne sont généralement pas faits pour immobiliser sérieusement.

À l’extrémité la plus intense du spectre, l’entrave du corps entier vise à immobiliser complètement la personne soumise en liant plusieurs membres ensemble — par exemple bras, torse et jambes. Vu leur complexité, cela demande en général plus de préparation, plus de check-ins, et plus d’expérience. Au-delà d’immobiliser la personne, ces attaches peuvent aussi servir à imposer une posture ou une position, comme punition, pour le plaisir, pour du « slut training », etc. 

Les attaches à contrainte minimale offrent une restriction plus simple et plus ciblée, en immobilisant seulement quelques parties du corps, comme les poignets ensemble ou les jambes ensemble. Elles sont idéales pour débuter. 

En dehors de la corde, d’autres outils permettent de créer une entrave rapidement et de façon distinctive. Les menottes sont rapides et faciles. 

Les chaînes peuvent sembler lourdes, intenses et visuellement puissantes, mais elles conviennent généralement mieux aux personnes expérimentées, car le poids et les points de pincement possibles peuvent augmenter les risques.

Pour celles et ceux qui veulent une entrave rapide du corps entier sans nœuds complexes, les kits d’entraves à glisser sous le lit peuvent créer une position « écartée » stable avec une installation minimale. 

Le ruban de bondage est une autre option rapide, car il adhère généralement à lui-même plutôt qu’à la peau, ce qui le rend rapide à poser et souvent plus facile à retirer qu’on ne l’imagine. 

Les colliers de bondage peuvent fonctionner comme une forme d’entrave psychologique, signalant « tu es à moi » ou « tu es collier·é·e ». 

Un collier avec cadenas pour créer un sentiment d’entrave symbolique et d’engagement plus fort qu’un collier à boucle standard. Il ne s’agit généralement pas de limiter les mouvements, mais de signaler clairement des rôles, des règles ou une appartenance.

Les colliers de posture peuvent être utilisés pour limiter le mouvement du cou ou pour la privation sensorielle. 

Les laisses et les barres d’écartement sont également souvent utilisées dans les configurations de bondage.

Les armbinders maintiennent les bras derrière le dos, généralement en gardant les avant-bras ensemble et en limitant le mouvement des épaules. 

Une femme portant un armbinder, bras attachés derrière le dos, pour un jeu de bondage

Équipement de bondage 

La bonne corde

Lors du choix d’une corde, la matière et le « ressenti » comptent, et de petits détails peuvent faire une grande différence en termes de confort. L’épaisseur (diamètre) est un facteur majeur : une corde plus épaisse répartit la pression et est souvent plus confortable. L’état de la corde change aussi l’expérience : une corde neuve peut être raide ou rêche, tandis qu’une corde assouplie, bien huilée ou bien entretenue devient généralement plus douce.

La sensibilité de la peau est un point important au moment d’acheter une corde, car ce qui est agréable pour une personne peut sembler abrasif pour une autre, surtout sur des zones comme l’intérieur des bras, le cou et les cuisses. Il est aussi utile de réfléchir à la longueur : des cordes plus longues offrent plus de possibilités pour les harnais, tandis que des cordes plus courtes sont souvent plus simples et plus rapides pour une contrainte minimale.

Les fibres naturelles comme le jute ou le chanvre sont généralement plus « accrocheuses » et ont une odeur naturelle, souvent perçue comme érotique et plus instinctive, même si elles peuvent être plus rudes sur les peaux sensibles. 

Le coton est en général doux et adapté aux débutant·e·s, agréable pour les enroulements, mais il peut être beaucoup plus extensible que les cordes en fibres naturelles.

Les cordes synthétiques comme le nylon ou le polyester sont souvent lisses, solides et faciles à nettoyer, mais elles peuvent être glissantes selon le tressage, ce qui influence leur capacité à garder la tension.

Nettoyer votre corde

  • Remplissez un seau d’eau froide et ajoutez 1 cuillère à café de lessive sans parfum ni colorants (souvent étiquetée Free & Clear, Free & Gentle, Sensitive ou Zero).
  • Démêlez votre corde et mettez-la dans le seau.
  • Laissez tremper 25 minutes.
  • Sortez la corde et rincez-la à l’eau à température ambiante.
  • Séchez la corde.
  • Une fois complètement sèche, appliquez une petite quantité d’huile pour corde.

Rangement : sac en coton ou sac en mesh. Évitez le plastique hermétique s’il y a le moindre risque d’humidité. Gardez-la à l’abri du soleil direct pendant le stockage.

Autres accessoires de bondage

  • Menottes / bracelets : en cuir ou en métal
  • Kits d’entraves à glisser sous le lit
  • Collier verrouillable, collier de bondage, collier de posture
  • Laisse en cuir
  • Barre d’écartement
  • Armbinder

Apprendre les nœuds de bondage 

La meilleure façon d’apprendre les nœuds

Les guides photo peuvent fonctionner, mais ils sont parfois difficiles à suivre. Je recommande deux façons d’apprendre les nœuds : via des guides vidéo, et via des ateliers en présentiel animés par des riggers formé·e·s. Voici quelques options gratuites et payantes pour apprendre des nœuds du niveau débutant à avancé.

Ressources gratuites :

  • Une playlist YouTube allemande sur le bondage pour débutant·e·s - suivez pas à pas et utilisez les sous-titres automatiques en français.

Cours payants :

  • Bientôt disponible
  • Bientôt disponible

Noms des nœuds courants

Si vous choisissez d’apprendre les nœuds via des vidéos YouTube ou des tutoriels pas à pas en ligne, voici une liste de nœuds courants que vous pouvez rechercher. 

Image d’un nœud de bondage courant

Débutant

  • Nœud simple
  • Nœud en huit
  • Nœud de chaise
  • Tête d’alouette
  • Nœud de vache
  • Nœud d’alouette (girth hitch)
  • Nœud de cabestan
  • Demi-clé
  • Deux demi-clés
  • Nœud d’écoute (sheet bend)

Intermédiaire

  • Nœud de chaise Yosemite
  • Double nœud de chaise
  • Nœud de chaise sur ganse
  • Nœud de camionneur
  • Nœud constricteur
  • Nœud papillon alpin
  • Nœud de bosse (rolling hitch)
  • Nœud de demi-cabestan (Munter hitch)
  • Nœud de pêcheur
  • Double nœud d’écoute (double sheet bend)

Avancé

  • Nœud en huit reconstitué (follow-through)
  • Nœud de menottes
  • Nœud de Prusik
  • Nœud de Klemheist
  • Double nœud de pêcheur
  • Nœud d’eau
  • Nœud de Carrick
  • Nœud d’ancre

Rester en sécurité pendant les sessions de bondage

Consentement, communication, RACK/SSC

Le consentement et la communication sont la base du bondage, et il est important de négocier avant que quoi que ce soit commence. Cela signifie être clair sur ce que vous faites, ce que vous ne faites pas, et à quoi ressemble « stop », afin qu’il n’y ait aucune confusion sur le moment. Le consentement enthousiaste compte aussi : les deux personnes doivent en avoir vraiment envie, pas simplement suivre avec un « je suppose ».

Deux cadres courants sont le SSC et le RACK. SSC signifie Sain, Sûr et Consensuel (Safe, Sane, and Consensual) et met l’accent sur la sécurité de base et un consentement clair. RACK signifie Kink consensuel en connaissance des risques (Risk-Aware Consensual Kink) et insiste sur le fait de reconnaître qu’il existe des risques, d’y consentir malgré tout, et de les gérer de façon responsable.

Il est également important d’utiliser un mot de sécurité, avec une version verbale et une version non verbale, pour que la communication reste claire même si quelqu’un ne peut pas parler facilement.

Circulation sanguine & nerfs

Quand vous entravez quelqu’un avec de la corde, il est possible de restreindre accidentellement la circulation sanguine ou d’exercer une pression sur des nerfs. Une façon simple de prévenir cela est de vérifier régulièrement quelques signes clairs pendant la session.

D’abord, demandez à la personne attachée de vous dire immédiatement si elle ressent un engourdissement, des picotements ou une sensation de « fourmillements » (comme des aiguilles). Si c’est le cas, desserrez l’attache ; si la sensation ne disparaît pas, détachez-la immédiatement. Surveillez aussi les changements visibles : si la peau paraît froide, pâle, bleutée ou gonflée, arrêtez et détachez. Pareil si la personne ressent n’importe quel type de douleur. 

Check-list de sécurité pour débutant·e·s

  • Ciseaux de sécurité (style EMT) à portée de main → coupent corde/ruban vite sans piquer la peau (votre outil n°1)

Ciseaux de sécurité pour un jeu de bondage en toute sécurité

  • Clés de rechange (pour menottes/verrous) à portée de main → dans un endroit connu et accessible (pas à l’autre bout de la pièce)
  • Minuteur/horloge réglé·e → aide à suivre le temps d’entrave et rappelle les check-ins réguliers
  • Téléphone + source de lumière prêts → pour voir les nœuds, vérifier la couleur de la peau et gérer une urgence
  • Esprit « sobre-ish » → ne pas attacher en étant ivre/high ou émotionnellement débordé·e
  • Check-ins de confort → demander : « De 0 à 10, comment tu te sens ? » et « Ça pince ou ça picote quelque part ? »
  • Ne jamais laisser quelqu’un attaché·e seul·e → même pas « une minute »
  • Pas de corde autour du cou → risque élevé ; pas un jeu de débutant
  • Pas d’attaches quand on est en colère → ne jamais utiliser le bondage pour « prouver quelque chose »
  • Ne pas copier le porno comme mode d’emploi → le porno montre des images, pas les pratiques de sécurité ni la préparation

Lire leur langage corporel

Lire le langage corporel est une partie essentielle d’un jeu de corde sûr, et certains signes doivent vous inciter à faire un check-in avec la personne attachée et à prendre soin d’elle. 

  • Les changements de respiration sont parmi les plus visibles : une respiration superficielle, une respiration retenue, ou un passage soudain à une respiration rapide peuvent signaler un inconfort ou un trop-plein.
  • La tension visible est un autre indice clair, comme une mâchoire crispée, des épaules tendues, ou une posture rigide qui semble plus « en protection » que détendue.
  • Faites aussi attention à la façon dont la personne réagit au toucher : sursauter ou se retirer peut indiquer que quelque chose ne va pas.
  • Un silence qui ressemble à une déconnexion plutôt qu’à du calme peut signifier que ça ne va pas.
  • Des symptômes physiques comme des vertiges, des nausées, de la transpiration, des tremblements ou un teint pâle sont aussi des signaux pour faire une pause et vérifier.
  • Enfin, si la personne semble « partir » d’une manière inquiète — confusion, regard vitreux, réponses ralenties — c’est un autre indicateur fort d’arrêter et de s’assurer qu’elle va bien.

Aftercare

  • Prenez toujours du temps pour l’aftercare : câlins, discussion, appliquer une lotion sur la peau, etc.

Foire Aux Questions

Qu’est-ce que le bondage ?
Le bondage consiste à attacher ou immobiliser une personne avec son consentement afin de limiter ses mouvements, par exemple avec corde, menottes ou ruban. Il peut être artistique, ludique ou intime. Essentiel : consentement explicite, communication, et uniquement entre adultes.
Qu’est-ce que le shibari ?
Le shibari (ou kinbaku) est une pratique japonaise de la corde centrée sur l’esthétique, les motifs, la tension et l’expérience partagée. Plutôt que de seulement fixer, il met souvent l’accent sur l’art des cordes et les sensations.
Le bondage est-il sûr ?
Oui, si vous avancez lentement, communiquez souvent et connaissez les risques. Surveillez circulation et nerfs : engourdissement, picotements, peau froide ou pâle, douleur vive. Dans ce cas, détachez immédiatement, vérifiez, et faites une pause.
Quel équipement convient aux débutant·e·s ?
Pour débuter, choisissez des bracelets doux ou une corde adaptée aux débutant·e·s. Indispensables : ciseaux de sécurité (style EMT) pour couper vite, minuteur/téléphone pour les check-ins, et un signal d’arrêt clair (mot de sécurité ou feux tricolores).

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